Dans ce mémoire j’ai analysé brièvement la conversion du héros épique en héros mystique, telle qu’elle se manifeste dans « La Chartreuse de Parme » de Stendhal.
Le premier chapitre était le cadre théorique. Tout d’abord j’ai présenté la naissance de la psychanalyse qui est à la base de la psychocritique et plus précisément les théories développées par Gilbert Durand. Dans le paragraphe suivant j’ai élaboré l’approche anthropologique de Durand qui est basée sur des sciences différentes, telles que : la réflexologie, la technologie, la sociologie et l’archétypologie jungienne. Cet amalgame de sciences a mené à une bipartation entre deux Régimes : « Le Régime Diurne » et « Le Régime Nocturne ».
« Le Régime Diurne » se caractérise par la dominante posturale, la technologie des armes, la sociologie du guerrier, les rituels de l’élévation et de la purification. Ce régime se caractérise par des symboles masculins.
« Le Régime Nocturne » se subdivise en dominantes digestive et copulative. La dominante digestive se caractérise par la technique du contenant et de l’habitat ayant comme symboles le coffre et la coupe, les valeurs alimentaires et digestives, la sociologie matriarcale et nourricière tandis que la dominante copulative se caractérise par les techniques du cycle, du calendrier agricole, les symboles naturels ou artificiels du retour, les mythes et les drames astrobiologies. Ce deuxième régime est dominé par les symboles féminins.
La bipartition entre ces deux polarités a mené à une classification isotopique des images qui a servi de cadre théorique à mon analyse.
Ensuite j’ai présenté Stendhal, sa notion importante du « Beylisme » et le héros stendhalien.
L’application a fait l’objet des deux chapitres suivants. Dans le deuxième chapitre j’ai défini le héros épique et puis j’ai démontré la présence de ce type de héros dans « La Chartreuse ». J’ai conclu que la première partie de « La Chartreuse » est un décor épique où le héros doit affronter des antagonistes masculins, l’argent et des femmes fatales. Les ténèbres ont une connotation négative et les armes, dont le glaive est le meilleur exemple, servent à purifier. C’est pourquoi cette première partie correspond parfaitement au « Régime Diurne » de l’image. De plus j’ai constaté que le héros stendhalien dans la première partie est incapable d’aimer.
Dans le troisième chapitre j’ai donné la définition du héros mystique, concept de Gilbert Durand, en me basant sur sa classification isotopique. Ensuite j’ai élaboré la conversion du héros épique en héros mystique avec la conclusion qu’il a fallu une réversion des valeurs pour réhabiliter la femme et les symboles de l’intimité. C’est le redoublement de la femme qui sert de charnière pour passer d’un régime à un autre. La présence du héros mystique dans l’œuvre de Stendhal et plus précisément dans la deuxième partie de « La Chartreuse » a été signalée par des exemples. Après la revalorisation de la femme et des symboles de l’intimité, il s’avère que le héros mystique est capable de trouver le vrai bonheur. La femme figure comme le sauveur du héros mystique et la prison, dans le « Régime diurne » considérée comme le symbole des ténèbres, s’est transformée en lieu de bonheur. C’est là ou le héros stendhalien à découvert le vrai bonheur, loin des regards importuns.
On peut conclure que le héros épique s’est transformé en héros mystique par l’aide de la femme. Il y a une réévaluation de la position de la femme comparable à celle qu’elle a dans le roman courtois. C’est dans la mort que Fabrice et Clélia seront unis, comme Orphée et Eurydice, comme Tristan et Iseut : « Mais, pendant la nuit, de la tombe de Tristan jaillit une ronce verte et feuillue, aux forts rameaux, aux fleurs odorantes, qui s’élevant par-dessus la chapelle, s’enfonça dans la tombe d’Iseut.» La méthode développée par Durand n’est pas seulement une heuristique pour les œuvres littéraires, elle pourrait également servir de méthode critique appropriée à d'autres champs d'analyse de la vie qui intéressent les élèves. Ainsi les élèves pourraient comparer leurs stars et démontrer à quel régime elles correspondent pour n’évoquer qu’une application possible.